Tuesday, November 28, 2006

La recherche scientifique dans le monde musulman

La revue scientifique Nature, dans son numero du 02 Novembre, a consacre un dossier special a la recherche scientifique dans les pays islamiques. Le dossier presente plusieurs analyses interessantes sur la production scientifique des pays membres de l'Organization de la Conference Islamique, et sur le futur de la recherche dans le monde musulman. On notera les statistiques sur les nombres d'articles publies: malgre une disparite evidente entre les moyens financiers d'un pays comme le Maroc par rapport a un pays comme l'Arabie Saoudite, le nombre d'articles scientifiques publies recemment dans ces deux pays est tres proche. J'ai aussi ete assez etonne d'apprendre que le Maroc figure parmi les 25 nations qui depensent le plus sur l'enseignement a l'echelle mondiale:

"Although the science budgets of the OIC countries are all near the bottom of the world league, their spending on education is more variable. Malaysia, Saudi Arabia and Yemen's relative education budgets are among the world's highest. Morocco, Tunisia and Iran also spend respectable sums on education. All six were among the world's top 25 spenders on education in 2002."

Et pourtant... s'agissant de recherche scientifique, la production de la plupart des pays musulmans est parmi les plus faibles qui soient (avec quelques exceptions, comme la Turquie ou la Malaisie). La cause ? Pour les editeurs de Nature,

"Part of the explanation lies in spending priorities. Many OIC countries, particularly the richest, spend more on armaments than on science, education or health. Six of the world's top ten military spenders as a share of public spending are OIC countries: Kuwait, Jordan, Saudi Arabia, Yemen, Syria and Oman (each spending above 7% of GDP on arms in 2003). African OIC countries, in contrast, tend to spend proportionately less on the military."

Pour en savoir plus, je vous propose de commencer votre lecture ici.

4 comments:

lili said...

Salam :)
Effectivement c est un dossier très intéressant que mon prof a eu la gentillesse de m'envoyer il y'a tout juste 2 ou 3 semaines (pcq souvent je protestais en classe lorsqu'il prétendait que l'islam et le catholocisme portent de manière endogène le recul de la science :) (il est lui même catholique enfin non pratiquant) et je protestais en disant que le recul ne vient pas du texte sacré comme tel mais de ce que les hommes en font...
Bref là n'est pas notre sujet.. En fait le fait que le Maroc figure parmi les 25 pays qui dépensent le plus sur l'éducation ne m'étonne pas, tout simplement pcq ces dépenses ne sont pas du tout efficaces ni efficientes d'ailleurs :(, ce classement provient de plusieurs facteurs:
1) le Maroc est l'un des rares pays où l'éducation n'est pas payante, du coup normal qu'on lui associe de fortes dépenses... cependant
2) ces dépenses ne sont pas garantes d'efficience: on dépense bcp mais ds des domaines qui ne servent nullement les besoins du Marché... (la preuve le nombre de licenciés qui vendent des légumes ou bricolent ds tout sauf leur domaine)
3) le fait que l'enseignement ne coûte rien aux étudiants engendre deux conséquences désastreuses qui expliquent la mauvaise qualité de l'éducation:
a. Les étudiants ne se sentent pas responsables: ils peuvent commencer une option puis aller ds une autre, dépenser une année, 2ans etc.. d'études en biologie puis partir faire une école privée et reprendre à 0. Entre tps, l'état a versé des sommes aux profs qui ont assuré l'enseignement, à l'administration, enfin bref bcp de dépenses, mais comme l'étudiant ne paie rien de sa poche il perd rien à aller d une option à l autre (qui d'entre nous ne connait pas au moins un étudiant qui a fait 1 ou 2 ans de fac et qui n ont servi a rien)
b. Le fait que l université n assure pas d avenir certain aux étudiants engendre une démotivation aux étudiants, ces derniers sont négligents et la font presque par manque de choix, par voie de conséquence les profs eux memes sont démotivés d enseigner des personnes débordant de non challance, ce qui finit par laisser place à un enseignement aussi non challant que la qualité des étudiants...
Ce que j aurai proposé, c est que l'université se réforme, qu on se cherche un avantage compétitif au Maroc et qu on s appuie dessus, et que l université se réforme en tenant compte de cet avantage. Paralellement, que les études deviennent payantes à l université, mais qu en paralelle l etat offre des prêts aux étudiants qui désirent continuer après le bac: ceci les responsabilisera et les fera viser de bons résultats... et aidera l état à attenuer la balance des dépenses ds ce domaines, dépenses qui vont contre la qualité de l enseignement à bien des égards...
À défaut pr nos gouverneurs de penser une politique adéquate (et surtout d avoir la volonté politique de sortir de leurs belles demeures et de décider que le Maroc doit se développer lui aussi!!!), rah on continue de balancer l'argent par les fenetres tout en étant fiers que notre enseignement est gratuit!!!

Karim said...

Salam lili,
Tout a fait d'accord avec ton analyse. Je pense que ton point (a) - le fait que les etudiants se sentent moins responsables parce qu'ils n'ont pas a payer leurs etudes - est absolument essentiel. Moi je pense que si l'etat envoyait des factures aux etudiants, juste a titre d'information et sans meme leur demander de payer les frais de scolarite, ca forcerait bon nombre de gens a reflechir. Je me rends bien compte qu'il est tres difficile de faire changer les mentalites, mais comme tu dis il faut faire bouger les choses. Rester les bras croises sans rien faire serait suicidaire, tellement on est en retard.

slix said...

tres tres interessant le dossier...merci Karim.

Je voudrais juste ajouter une chose...un grand nombre des papiers scientifiques publiés dans les pays développés sont rédigés par des chercherus musulamns ou du tiers-monde...

Donc le bagage intellectuel est là mais sa valorisation qui manque...

Karim said...

Slix,

Je partage absolument ton avis: si seulement nos pays exploitaient les ressources humaines dont ils disposent de facon rationnelle, le rendement de la recherche scientifique serait probablement bien meilleur par rapport a ce qu'il est aujourd'hui.